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6 Français sur 10 sont allés au cinéma l’année dernière. Quel âge ont-ils ? Quand fréquentent-ils les salles obscures ? Que sait-on de leurs habitudes culturelles, de leur situation familiale, de leur niveau de vie ? Radiographie des spectateurs du grand écran en 2005.

Les médias du week-end.

Entre fièvre du samedi soir et déjeuner dominical, le week-end pour une bonne partie de la population est le moment choisi pour se détendre, se promener ou aller au cinéma. Près d’un ticket d’entrée sur 2 est d’ailleurs acheté le samedi ou le dimanche.
Le dimanche, en revanche, est davantage consacré au petit écran mais pas forcément pour regarder la télé : plus de 6 millions de Français de 13 ans et plus visionnent un programme vidéo (DVD), surtout en milieu d’après-midi et en soirée. Quant jeux vidéo, ils réunissent autour d’une même passion presque 5 millions d’individus de plus de 13 ans. Notons tout de même que les jeux sur PC ou console, que l’on suppose avant tout réservés aux plus jeunes, ont réussi à convertir les adultes : les joueurs de 25 à 49 ans et plus sont chaque jour 1,5 million accrochés à leur manette. Soit en nombre, autant que les 13-24 ans.

Les Français aiment le septième art : les chiffres de l’enquête de référence 75000 Cinéma confirment, chaque année, ce phénomène hexagonal. Près de 6 personnes sur 10 – plus exactement 58,6 % — sont allés au cinéma en 2005, sans compter les enfants de moins de 6 ans que l'on peut soupçonner de jouer le rôle de prescripteurs auprès de leurs parents.
Malgré une petite baisse de tension l'an passé (deux points de plus en 2004), qui peut s’interpréter en partie par des affiches moins alléchantes, la fréquentation des salles obscures reste stable. Les premiers mois de 2006 laissent d’ailleurs entrevoir un retour à la hausse. Pour autant, tous ne vont pas au cinéma à la même fréquence. Loin s'en faut. Parmis eux, 4% sont des assidus : ils vont en salle au moins une fois par semaine. Un bon tiers (32,8 %) forme le groupe des réguliers, c’est-à-dire ceux qui vont voir un film au moins une fois par mois. Les quelque deux tiers restants (63 %) sont considérés comme des occasionnels et pratiquent les cinémas moins d’une fois par mois. Une fréquentation différente qui s’explique par des disparités essentiellement dues à l’âge et à la classe sociale. En règle générale, plus on est jeune, plus on va au cinéma. Toutefois, des exceptions existent : si 2 “anciens” sur 10 se déplacent pour voir un film au moins une fois par an, 7 % de ces retraités rejoignent le rang des assidus. Une proportion de cinéphiles record, toutes catégories confondues !
Hormis ces cas particuliers, le public se recrute majoritairement chez les adultes de moins de 35 ans : 89 % des 15-19 ans sont allés au cinéma en 2005. Rien à signaler, en revanche, du côté de la répartition homme/femme qui reste proche de la moyenne nationale. Masculin ou féminin, les spectateurs réguliers ont suivi une formation universitaire, bénéficient d’un fort pouvoir d’achat et sont issus des catégories socioprofessionnelles supérieures : 71 % des CSP+ ont vu au moins un film en salle l’année dernière.

 

Ciné, théâtre, resto...


On sait d’eux qu’ils se distinguent aussi par leur aptitude au changement, leur flexibilité, leur ouverture d’esprit et leur intérêt pour la culture en général. Ils mènent une vie quotidienne active, ont tissé des liens sociaux forts et ne craignent pas de consommer. Ce profil des habitués du cinéma se retrouve dans l’analyse de leurs attitudes face aux autres médias. À l’aise avec la culture informatique, les deux tiers possèdent un micro-ordinateur contre 55 % des 13 ans et plus, et près de la moitié d’entre eux ont accès à l'internet haut débit, loin devant les 27 % de la population des 13 ans et plus. Ajoutons que les cinéphiles ne sortent pas qu’au cinéma, mais aussi au théâtre, qu’ils vont dîner au restaurant et partent en voyage à l’étranger plus que la moyenne : tout indique qu’ils disposent d’un budget loisirs plutôt élevé. Bien qu’ils paraissent familiarisés avec les nouveaux médias et possèdent chez eux des équipements hi-tech, ils ne renoncent pas au cinéma. Au contraire. Plus ils multiplient les activités de loisirs, plus ils fréquentent les salles obscures ! (cf graphique)

Du plus assidu au plus petit

Le cinéma est salle concerne :

87,4 % des « jeunes à la maison »,
86,1 % des « jeunes émancipés »,
77 % des « jeunes couples sans enfant »,
63,6% des « célibataires »,
55,7 % des « parents confirmés »,
54,5 % des « parents expérimentés »,
54,1 % des « nouveaux parents »,
52,5 % des « couples matures sans enfant »,
46,7 % des « quinquactifs sans enfant »,
38 % des « jeunes seniors inactifs »,
21,3 % des « Anciens ». 


Maman : bobo ciné !


Tout change lorsqu’ils deviennent parents. Le berceau porte un coup fatal (mais heureusement provisoire !) au grand écran. Ils ne font plus partie des jeunes couples sans enfants. La typologie des Étapes de la vie traduit clairement ce phénomène en chiffres. C’est sur cette cible que la part des occasionnels atteint le record : 8 individus sur 10. Seulement 1 à 2 % d’entre eux restent assidus contre 4 % en moyenne. Si on compare la catégorie des jeunes parents à la moyenne nationale des spectateurs réguliers, la proportion est carrément divisée par deux : 17 % au lieu des 32 % chez les 15 ans et plus. En passant au statut de “nouveaux parents”, la mobilité des cinéphiles est réduite et leur vie sociale se transforme. Sans doute préfèrent-ils regarder un DVD ou recevoir des amis à la maison plutôt que de prévoir toute une logistique fastidieuse (horaires, baby-sitter…) et coûteuse afin de ne pas manquer la sortie d’un film ! Il n’y a pas si longtemps pourtant, ils faisaient partie des « jeunes émancipés », c’est-à-dire les 16-24 ans qui n’habitent plus chez leur parents, les plus cinéphiles de tous avec 9 occasionnels sur 10 et plus de la moitié d’habitués…

 

Grand écran, grands effets


Malgré des inégalités entre juniors et seniors, entre jeunes parents et retraités, la sortie au cinéma demeure une valeur sûre. La grande majorité des spectateurs « préfère voir un film au cinéma plutôt que d’attendre sa sortie en DVD ou sa diffusion à la télévision » selon les enseignements de questions ad-hoc intégrées en janvier dernier dans le cadre de l’étude hebdomadaire Cin’Hebdo. Les cibles les plus « sensibles » tels que les occasionnels, ceux qui entrent dans la vie active ou les nouveaux parents, se déclarent certes plus souvent « prêts à patienter avant de voir le film en DVD ou à la télé ». Il semble finalement que les différentes étapes de la vie d’un film ne se concurrencent pas frontalement. Rien ne remplace la magie du cinéma : se plonger dans l’obscurité d’une salle, se retrouver assis au milieu de rangs d’inconnus, regarder des images sur un écran géant…
À une époque où un film sera de plus en plus facilement accessible sans le moindre effort, juste après sa sortie, comment pousser les indécis à franchir  l’entrée d’une salle de cinéma ?

 

Plus d'information ?
Adrien THOLLON - athollon@mediametrie.fr


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