Présenté comme le Big Bang de l'internet, le web 2.0, concentré de technologie, permet aux internautes un accès à la fois plus simple et plus convivial à la Toile.
Rencontre avec ce concept des temps modernes, qui se conjugue aussi sur le monde participatif.
C'est l'agitation. Depuis quelques mois, le microcosme de l'internet mondial se focalise autour d'un dénommé Web 2.0. Calqué sur le modèle utilisé par les éditeurs pour baptiser les mises à jour de leurs logiciels, cet intitulé laisse supposer qu'il s'agit d'une nouvelle version d'internet.
Petit exercice à l'intention de ceux qui n'en n'auraient jamais entendu parler : tapez Web 2.0 sur n'importe quel moteur de recherche, et vous verrez aussitôt s'afficher sur l'écran de votre ordinateur des dizaines de pages traitant du sujet. Débats, forums, polémiques...
Pas facile de trouver une définition. Selon Wikipédia, l'encyclopédie on line de référence, c'est un " terme souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du World Wide Web, passant d'une collection de sites web à une plateforme informatique à part entière [...] "
Pour ses partisans, les services du Web 2.0 se substitueront progressivement aux applications traditionnelles de bureau. Evolution pour les uns, révolution pour les autres, imposture pour certains, les avis restent partagés. Une majorité s'accorde cependant sur un point : que ce soit sur le plan technique, socio-logique ou éditorial, le Web nouvelle vague bouleverse les usages et les comportements sur internet. Comment ? That is the question ...
Quand l'internaute devient interacteur...
Créer du contenu, le partager, le commenter et l'organiser : grâce au Web 2.0, l'internaute peut agir directement sur l'information. le web deuxième génération offre aux utilisateurs des outils simples permettant de créer tous types de contenus : textes (blogs, wikis...), documents audios (podcast) ou même vidéos (vblog). Partagés sur la Toile, ils sont soumis aux autres internautes, ceux-ci pouvant à leur tour commenter les contenus mis en ligne, donner leur opinion, poupulariser l'auteur en reprenant l'information grâce au système de trackback...
Quelle est l'ampleur de ce phénomène en France ? D’après les résultats de l’Observatoire des usages internet, quelque 2 270 000 internautes ont créé un blog au troisième trimestre 2005, soit près d’un sur 10. Ce sont surtout les jeunes qui se sont approprié ce nouveau mode d’expression : plus de 8 bloggeurs sur 10 ont moins de 24 ans.
Face à cette créativité débridée, on pourrait avancer que trop d’information finira par tuer l’information. Objection rejeté puisque le Web 2.0 a précisément été pensé pour faciliter l’accès aux informations les plus pertinentes. D’une part, il offre la possibilité aux internautes d’organiser les contenus : la plupart des services autorisent l’ajout de « tags » ou de « mots-clés » qui facilitent la recherche. D’autre part, il paraît plus facile de personnaliser son environnement internet en s’abonnant, par exemple, à des flux RSS ou en construisant ses pages d’accueil sur mesure.
Internet, un réseau social...
Communiquer, telle est la raison d’être d’internet, ne serait-ce que grâce au courrier électronique, dont on ne pourrait plus se passer. Or avec le Web 2.0, le "dialogue" évolue… Pour preuve, l’explosion des messageries instantanées – qui ont conquis plus de 11 millions d’adeptes l’année dernière (1) – a ouvert la voie à des relations qui se vivent dans l’instant. Plus de temps mort entre l’envoi d’un message et sa réponse. Depuis son ordinateur ou son téléphone portable, l’internaute peut rester connecté de façon permanente à son cercle professionnel, personnel ou familial. Mais un réseau élargi, c’est aussi la multiplication des sites à dimension sociale tels que Skyrock – qui fédère une communauté de jeunes “blogueurs” – ou LinkedIn, conçu pour enrichir son carnet d’adresses professionnel.
Converser, échanger photos ou documents, rencontrer de nouvelles personnes… tout cela est désormais possible sur l’internet deuxième génération. À titre d'exemple, la téléphonie sur IP a connu un tel engouement que l’audience de Skype, qui offre ce service aux internautes, a été multipliée par 2,5 l’année dernière avec plus de 1,2 million de visiteurs uniques en décembre 2005.(2)
Vous-voulez penser avec moi ?
Je, tu, nous… chacun y va de sa propre contribution. Basé sur un système ouvert, le Web 2.0 permet aux internautes de confronter, à chaque instant, leurs connaissances et d'initier ainsi une intelligence collective. Démonstration par l'exemple: grâce à la technologie dite du wiki, Wikipedia, l’encyclopédie gratuite et libre sur internet, autorise les "surfeurs" à soumettre aux autres des articles à but pédagogique sur des sujets divers et variés (économie, culture, sciences…), mais aussi à modifier, préciser ou compléter les articles déjà en ligne. Wikipedia serait-elle en train de s’ériger en référence du savoir sur internet ? Elle fait, en tout cas, l’objet de la plus forte progression des sites français en 2005. D’après le Panel Médiamétrie//NetRatings, Wikipedia est passé de la 145ème place en décembre 2004 à la 37ème un an plus tard.
Plus de techno-convivialité !
Concentré d’évolutions techniques, le Web 2.0 va encore plus loin dans ses propositions : il offre une expérience plus conviviale d’internet. Avec Ajax, RSS, ou encore API, on accède à l’information en très peu de clics, mais aussi en un temps de chargement record. Des systèmes tels que Netvibes ou Windows Live de Microsoft poussent cette logique à l’extrême et proposent à l’internaute de personnaliser entièrement sa page d’accueil : son courrier, sa météo, ses sites d’informations favoris (flux RSS), ses blogs… Tout est inclus dans des modules interchangeables, disponibles sur une seule et même page consultable et modifiable depuis n’importe quel ordinateur. Beaucoup en avaient rêvé, le Web 2.0 l'a fait…
C'est à grande vitesse que le concept de Web 2.0 tisse sa Toile : lancé il y a à peine un an aux États-Unis, il compte chaque jour des milliers de nouveaux adeptes. En introduisant une vague d’innovations qui rationalisent et multiplient les fonctionnalités d’internet, ses partisans ont déjà écrit l’épitaphe du bon vieux “www” après une décennie de bons et loyaux services. À qui profite ce cybercrime ? Hormis les nombreuses start-up qui se créent autour du nouveau Web pour proposer leurs sites, le grand gagnant reste sans doute l’internaute. Simplifier l’utilisation d’internet en le rendant accessible à tous, c’est le défi que devra relever le Web 2.0 pour les prochaines années.
(1) et (2) Source : Panel Mediamétrie//Netratings.
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Gildas BLOCHET - pgblochet@mediametrie.fr







