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Quel territoire a vu sa population quasiment doubler en moins d'une décennie ? La Chine ? L'Inde ? Le Brésil ? Ne cherchez pas : il s'agit de la France de l'internet. Au 1er trimestre 2010, le nombre d'internautes français (base 11 ans et plus) s'élève à 35,9 millions, soit 1,8 fois plus qu'au premier trimestre 2003.

Ainsi s'édifie à toute allure le nouveau monde digital, où se tissent des liens de plus en plus nombreux entre les hommes, pour le meilleur et parfois le moins bon, dans une liberté pour l'instant proche de l'anarchie mais qui est aussi le prix à payer si l'on veut accéder à cette utopie du XXIème siècle : la société de communication. L'ampleur du phénomène et la rapidité avec laquelle il se développe sont sans précédents dans l'histoire des moyens de communication.

 

Portraits classiques d'une avant-garde


Qui sont ces internautes ? Il entre dans la vocation de Médiamétrie, non seulement de les dénombrer mais de les connaître, d'un point de vue socioéconomique et socio-culturel. Très logiquement, ils présentent sous cet angle les caractéristiques habituelles des segments de population traditionnellement en avance en matière d'adoption des innovations technologiques. Ils sont en effet plus jeunes que la moyenne : les moins de 35 ans sont surreprésentés chez les internautes (indice 129) et ils appartiennent aux catégories socioprofessionnelles élevées : les CSP+ y abondent (indice 138) ainsi que les étudiants (indice 136). Jeunes, aisés, cultivés : c'est le portrait habituel des avant-gardes. Un seul déterminant est différent : l'agglomération parisienne, avec 19,8% de la population internaute, n'est que légèrement surreprésentée, tandis que la province - après un intéressant phénomène de rattrapage - est quasiment à la moyenne nationale avec un indice de 99.

A l'autre extrémité du curseur, les retraités : indice 46. Comme si, pour certains, la révolution internet avait eu lieu après leur départ en retraite : un évènement d'une autre époque, auquel ils ne participent guère - en tout cas les plus anciens d'entre eux. D'ailleurs cette adhésion plus faible à internet s'explique parfois par un refus lié sinon à l'âge, du moins à la résistance au changement.

 

Un secteur qui ne connait pas la crise


Ce n'était pas une évidence ; les dépenses des ménages progressent aussi. L'Observatoire des Dépenses Médias et Multimédias - réalisé par Médiamétrie - a enregistré en mai 2009, sur fond de crise économique généralisée, une nette croissance de 4,3% des achats consacrés aux équipements, aux abonnements, et à tout ce qu'on pourrait appeler la boîte à outils médiatique (jeux vidéos, téléphonie, son, images, micro-informatique, presse, internet), avec une augmentation particulière des dépenses internet. Ces dernières augmentent par rapport à l'année précédente de 22% ; et c'est à l'internet que les ménages consacrent 11% de leur dépenses totales médias et multimédias - lesquelles s'élèvent en moyenne à 2.324 euros par foyer.
Vous avez dit crise ?

A suivre...




Jean Mauduit


Plus d'infomations ?
Arnaud Annebicque
- aannebicque@mediametrie.fr



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Jean Mauduit Auteur

Chère Viviane,

Comment avez-vous deviné que nous ne sommes pas dans la même tranche d'âge ? Quelle intuition ! Sauf que vous vous trompez de direction. Effectivement, nous appartenons à deux générations différentes, mais pas dans le sens où vous le croyez : vous avez « près de 70 ans » ; j'en aurai 89 en octobre prochain. Et tout ce que vous évoquez sur le ton de la nostalgie, les tabliers d'école, le par-coeur, les heures de colle, etc... je l'ai connu bien avant vous. Connu aussi l'avant-guerre, la guerre et l'occupation, 100g de viande par semaine, les bombardements, les mensonges de Vichy, la déportation des êtres chers etc...
En fait, je suis extrêmement flatté de ce que vous puissiez, si peu que ce soit, assimiler la configuration de ma « cervelle » à celle d'un jeune d'aujourd'hui. Quelle Jouvence, soudain !
Pour revenir à l'essentiel, je crois seulement que vous vous trompez sur la signification de la résistance au changement. Ce n'est pas une décision que l'on prend par un décret de sa volonté. C'est seulement qu'on appartient à une autre culture et qu'on n'a pas les moyens d'assimiler - quelle que soit sa vivacité d'esprit, et la vôtre apparemment est entière - celle qui est en train de naître sous nos yeux. Je n'ai jamais voulu dire que les personnes d'âge refusaient le changement. J'ai seulement posé en principe, et par expérience personnelle, qu'elles restaient inévitablement liées à leur printemps. Mais ça n'empêche pas de comprendre les mutations en cours ni de les apprécier pour ce qu'elles valent. La nostalgie ne sert jamais à rien, sinon en littérature.
Pour le reste, laissez-moi savourer jusqu'au bout le plaisir que votre commentaire m'a donné. « Vous comprenez au moins tout ce que je suis en train de vous expliquer ? » demandez-vous, maternellement. Oui mon enfant.
Sans rancune, chère Viviane.

Jean Mauduit - 28 2010 14:57

Viviane AZZOPARDI Retraitée bientôt 70 ans

Le 24 juin 2010 - Bonjour Messieurs "les savants tenants" de Internet et autres multimédias, ou Monsieur Jean Mauduit.
Merci de nous donner qques fois la possibilité de nous exprimer. J'ai lu du 1er mot jusau'au dernier votre article de MEDIAMETRIE - Audiométrie LE MAG, et cet article-ci...où vous dites des gens âgés "d'ailleurs, cette adhésion plus faible à Internet s'explique parfois par un refus lié sinon à l'âge, du moins à la résistance au changement".
Monsieur MAUDUIT, vous affirmez des choses de manière très approximative et je ne sais pas qui vous êtes, d'ailleurs peu importe, ce n'est pas le propos.
Je crois comprendre que vous n'êtes pas dans la même tranche d'âge que moi, dame de près de 70 ans. Sinon, vous diriez à peu près l'inverse de ce que vous écrives.
Ce qui veut dire que c'est plutôt l'âge(et autres éléments) qui rendent cet apprentissage très difficile plutôt que la résistance au changement.
Bon, il est vrai que cette tranche d'âge n'a pas tellement d'intérêt (et non résistance au changement) à pratiquer Internet, puisque de ttes façons, nous avons les enfants et même petits-enfants qui sont "nés avec"....comme nous à l'époque, êtions nés avec les porte-plumes à plume Condé, les pleins et les déliés pour une écriture aussi esthétique que possible, les tabliers pour tous (filles et garçons), les heures de colle parce que nous ne savions pas nos leçons par coeur (cela d'ailleurs, ne ferait pas de mal de l'appliquer de nos jours, car les niveaux de connaissances ou seulement parlant de celles de l'orthographe...sont plutôt catastrophiques, dans l'ensemble de la population jeune - il est vrai que ce n'est pas ce qui compte de nos jours!)... Donc, je disais Monsieur que...de surcroît nous n'avons pas une configuration de "cervelle" de jeune d'aujourd'hui. Pour nous, un chat était un chat et non une illusion impalpable, abstraite d'un chat. La nourriture était seulement BIO et nous ne le savions pas d'ailleurs! La photo avait été inventée juste qques décennies auparavant, ils avaient commencé à aller en s'élevant peu à peu hors de l'attraction de la terre, les gens mouraient comme des mouches, d'une simple infection, ou de phtisie, on pratiquait l'application des ventouses, les chercheurs (sans subventions et dans le silence de leurs laboratoires,trouvaient, trouvaient et trouvaient, ce à quoi ns sommes tellement habitués, ect...ect...ect...Que c'était loin l'Internet! Vous le voyez, nous avons juste une autre forme de conception de la vie. Ce ne sont pas les envies de changement qui manquent, mais la difficulté de comprendre et intégrer tous ces nouveaux concepts tellement abstraitsPour envoyer une lettre, on l'écrivait et allions à La Poste la poster. On la tenait dans la main: ce n'était pas un truc dans une machine sans tête ni queue,totalement impalpable.Il y a des millions d'actes et choses diverses qui sont "du passé" et d'ailleurs, à partir desquels, la modernité s'est développée. Alors, de temps en temps, essayez de voir les choses, comme Léonard de Vinci (qui n'était pas si bête comme vous le savez): regardez les choses (une fleur par exemple) de tous les côtés. Vous c'est la médiamétrie, donc, voyez-la à l'endroit, à l'envers...vous comprenez au moins tout ce que je suis en train de vous expliquer? Peut-être que non, car ce changement "manière de voir sous tous ses angles" doit être un CHANGEMENT assez inhabituel.
(petite confidence: j'étais très bonne en explication de textes), mais INTERNET, dur! Dur! On s'y fait, doucement!
Enaiviv.

- 24 2010 07:37