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Les stations Associatives existent, Médiamétrie les a rencontrées ! Ces radios, dont l'importance est trop souvent méconnue, constituent avec plus de 540 antennes réparties sur l'ensemble du territoire français un extraordinaire maillage social et de proximité, dont les arborescences s'étendent loin et couvrent une majorité d'auditeurs, quels que soient leurs horizons.

Radios confessionnelles, radios idéologiques ou politiques, radios communautaires, radios de pêcheurs à la ligne ou de chasseurs, tous les centres d'intérêt coexistent et s'interpénètrent dans cet ensemble, que l'on pourrait comparer à une ville-témoin des motivations et aspirations de la société française. Et parfois, c'est au coeur même de la grille des programmes d'une même station que l'on voit s'enchaîner des émissions sur des thèmes sans liens, faisant cohabiter des centres d'intérêts bien différents.

Qui mieux est, ces radios ont une audience. Chaque jour moyen de semaine - du lundi au vendredi -, les stations associatives atteignent quelque un million et demi d'auditeurs avec près de 3 % de pénétration - là où le média radio dans sa globalité représente 83,4 %. Leur public est plutôt masculin avec 55% d'hommes à l'écoute. Il est aussi plus âgé que la moyenne avec la moitié de 50 ans et plus, fortement urbain avec 70% de l'auditoire basé en communes urbaines, et enfin équitablement réparti entre actifs et inactifs. Les radios associatives sont écoutées aussi bien le samedi que pendant la semaine. Le dimanche en revanche, elles le sont un peu moins, avec un peu plus de 1,2 millions d'auditeurs pour une couverture de 2,4%. C'est pourtant le dimanche matin, entre 10h et 10h15, que les Associatives connaissent leur pic d'audience. Ce quart d'heure le plus écouté de la semaine rassemble quelque 400 000 paires d'oreilles à l'écoute de ces programmes. Les jours de semaine, l'auditeur d'une radio associative se branche un peu plus tard que les autres ; pour lui le pic d'audience se situe entre 9 h et 9h30 alors que les usagers du média radio ouvrent leurs oreilles entre 7h15 et 9h.

La tentation est grande de voir dans les Associatives un média de complément aux autres catégories de station du média radio. Elles le sont non seulement en raison de ce décalage des horaires d'écoute, mais aussi et surtout parce qu'elles parlent de tout autres sujets que les grandes antennes ; des sujets à la fois plus enracinés dans la vie locale et /ou régionale et plus variés, visant des centres d'intérêt forts. Si l'on y ajoute la liberté de ton, le libre-choix éditorial et l'absence de toute contrainte professionnelle des passionnés majoritairement bénévoles qui font ces stations, alors oui, leur place est indiscutable dans l'univers radiophonique.

En fait, les Associatives sont des radios de rendez-vous, comme l'atteste le rapport de 1 à 13 qui s'affiche entre les auditeurs quotidiens et les auditeurs « moins souvent » de ces programmes. En d'autres termes, autour du noyau d'habitués, se constitue un réseau beaucoup plus vaste de personnes armées d'une raison précise de se mettre, un jour et à une heure donnés, à l'écoute d'un programme qui les motive particulièrement. Certes ils n'y viennent pas tous les jours, mais ils savent quand et pour quelle émission ils y viennent.

Et l'implication, quand on veut être écouté, ça n'a pas de prix !


Jean Mauduit



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Jimmy Boutboul - jboutboul@mediametrie.fr