articles-86.jpg

Considérée comme une petite révolution dans le monde numérique, l’arrivée des objets connectés et de leurs nouvelles fonctionnalités modifie les pratiques et les attentes des utilisateurs.

Elle produit un volume de données considérable permettant de comprendre ces nouveaux usages et de s’y adapter. Divers et innovants, ces objets électroniques qui peuvent recueillir et partager des informations avec un autre appareil (du type smartphone, tablette ou ordinateur) via une connexion sans fil, connaissent des destins variés. Quelle est l’attitude des individus face au développement des objets connectés ? Quels sont les facteurs qui permettent leur adoption par un large groupe d’utilisateurs ?


De la notoriété à l’utilité

L’existence des objets connectés est aujourd’hui bien connue du grand public. Selon la dernière enquête réalisée en 2015 par Médiamétrie, 94% des internautes en ont déjà entendu parler. L’enquête montre que cette forte notoriété s’accompagne d’une connaissance assez précise des fonctionnalités associées à ces nouveaux objets: 72% des sondés citent la fonction de contrôle à distance des appareils de la maison, et 67% celle de surveillance du domicile. Ces deux fonctionnalités, fortement identifiées par les 50 ans et plus, sont suivies de près par le suivi de l’activité physique (bracelets connectés par exemple) et le suivi de la santé. Les plus jeunes reconnaissent assez aisément les fonctionnalités pratiques permettant un gain de temps au quotidien (38% des sondés) et celles liées au divertissement (36%).


Pour connaître le marché des objets connectés, et comprendre ce qui va inciter ou non les utilisateurs à les adopter, il faut s’intéresser, au-delà de la notoriété, à l’appétence des consommateurs à leur égard. Lorsqu’on leur demande quels sont les domaines dans lesquels il est le plus intéressant de retrouver des objets connectés, les internautes disent principalement attendre des usages liés aux domaines de la maison et de la santé. Comme le souligne Jamila Yahia Messaoud, directrice du département Télécom et Équipements de Médiamétrie, « il ne s’agit pas de créer des objets pour les créer. Encore faut-il qu’ils trouvent leur place et que l’utilisateur y voie une utilité ». Surveiller, contrôler et commander sa maison à distance est tout à fait pertinent et utile pour 69% des internautes. Les objets du type alarmes, caméras et autres volets attirent en particulier les femmes, les séniors et les habitants de province. Le domaine de la santé et du bien-être (en particulier le sport) constitue le deuxième domaine dans lequel les consommateurs sont demandeurs d’objets connectés.


C’est donc en apportant de vrais services à valeur ajoutée que les objets connectés pourront s’implanter. Compte tenu du coût de ces équipements, l’utilisateur réalise en effet un arbitrage entre les différentes possibilités qui lui sont offertes. Il renonce à ce qu’il perçoit comme de simples gadgets (plus d’un tiers des sondés sont encore sceptiques) et privilégie les objets utiles, pratiques pour la vie de tous les jours, qui permettent de gagner du temps ou de mieux prendre soin de leur santé et de leur forme.


Les freins à l’adoption des objets connectés

L’Internet des objets repose tout entier sur la connectivité. Grâce à elle, il est possible de collecter des données que les professionnels peuvent mesurer et traiter pour proposer de nouveaux services à valeur ajoutée, renforçant l’utilité des objets créés. Mais le traitement de ces données suscite aussi chez les utilisateurs de la méfiance.

L’appétence pour les objets connectés est parfois tempérée par l’inquiétude

Selon l’enquête, 4 internautes sur 10 reconnaissent aux objets connectés un caractère inquiétant. Pour 66% d’entre eux, cette crainte est liée à l’exploitation des données personnelles, sur laquelle l’usager n’a aucune maîtrise. Les plus inquiets étant les séniors, mais aussi les plus jeunes et les Franciliens. De manière moins attendue, 32% relient leur inquiétude à la crainte d’une dépendance à l’égard de ces objets, et 24% redoutent les conséquences importantes d’une panne toujours possible. 36% sont inquiets parce que l’usage de ces objets requiert une connexion permanente. Il reste donc une partie du public à convaincre, à rassurer et, pour certains, à convertir. Dans cette perspective, le public conquis que constituent les 39% d’internautes trouvant les objets connectés à la fois utiles et peu dangereux, représente sans doute l’ensemble des ambassadeurs de cette technologie.



La facilité d’utilisation des objets connectés apparaît décisive

Comme toute nouvelle technologie, l’adoption des objets connectés est liée à leur facilité d’utilisation. L’objet idéal doit faciliter la vie, être simple à connecter et savoir se faire oublier. L’internet des objets constitue aujourd’hui un ensemble très hétéroclite, aux fonctions très variées, et aux systèmes d’exploitation souvent différents. L’absence de norme commune aux constructeurs, et la difficulté apparente que constitue, pour l’utilisateur, la mise en réseau de tous les objets qu’il souhaiterait adopter constitue un frein à l’équipement. Pour se généraliser dans la vie quotidienne, les objets connectés doivent à terme former un ensemble cohérent, simplifiant les pratiques des consommateurs.

L’étude de ce nouveau marché, des usages émergents et des pratiques inédites doit ainsi prendre en compte la disparité des objets connectés. Mesurer le succès de l’internet des objets demande de s’adapter aux particularités de l’offre, en étudiant les possibilités et les attentes liées à chaque famille d’objets, et à chaque acteur du secteur.


L’avenir du marché

Lorsque la volumétrie des objets connectés, en termes d’équipements, sera importante, dans un marché mature et complexe, la mesure du succès devra elle aussi se complexifier. L’analyse des pratiques et des usages des utilisateurs pourra être réalisée via une méthode hybride, croisant les données issues des objets et celles d’un panel représentatif des utilisateurs. De quoi assurer la meilleure connexion entre l’innovation et son appropriation.

Florence BOURGADE


Plus d’informations ?

Benoit DAVID
Tél : 01 71 09 93 18
Mail : bdavid@mediametrie.fr

Partager cette page  

Envoyer à un ami