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Les crises, financières ou non, sont des maladies de longue incubation. Aussi n'est-il pas étonnant de retrouver dans l'image que la télévision projette de notre société les symptômes du mal-être dont souffre le monde occidental. La caméra dissèque nos humeurs, pose un diagnostic, propose même sinon des solutions, du moins des remèdes. Ainsi la télévision élargit encore le champ des privilèges et des rôles qu'elle s'est attribués au fil des décennies. On l'a déjà vue pédagogue, juge d'instruction, procureur, animatrice, pom pom girl, psychologue, conseil en éducation... La voici qui passe la blouse grise du sociologue, quand ce n'est pas celle blanche du médecin. C'est ce que révèle avec force la dernière étude NOTA conduite par Eurodata TV Wordwide et IMCA (International Media Consultants Associés).


Les enfants de l'anarchie

D'abord les symptômes. Où avez-vous mal ? Partout, Docteur. Avec ces jeunes dont on ne peut plus venir à bout, avec la violence qui se répand comme une endémie et qui, pour un peu, apparaîtrait comme la seule façon de se forger un destin.

Dans Election (TV réalité Royaume-Uni BBC1) les adultes parviennent à offrir aux ados un début de carrière politique. Mais ces mêmes ados sont en perte de repères dans Family Matters (TV réalité Pays-Bas Ned3).

Pour les adolescents désorientés, la brutalité est un alcool. Les jeux leur offrent la possibilité de trouver des sensations fortes, aussi bien physiques que morales, juste de quoi se sentir exister. Est-ce à dire que dans la « vraie vie » les jeunes en feront autant, c'est un autre problème. N'empêche que ces jeux construisent un modèle de violence qui ne recule devant rien, pas même l'horreur. Dans Estate of Panic (jeu, Etats-Unis, Sci-FI) les participants cloîtrés dans une maison doivent, s'ils veulent gagner de l'argent, affronter leurs pires phobies, celles qui engagent le plus noir de l'inconscient.

Le côté obscur de l'esprit devient d'ailleurs, de plus en plus souvent, la source des actions hors normes, et les nouveaux héros, dans la plupart de cas, sont des anti-héros, comme avec Sons of Anarchy (série USA, FX1) où le club des motards éponyme impose sa loi à Charning (Californie).


Comprendre

Mais comment expliquer les dysfonctionnements du monde qui nous entoure, et cette angoisse profuse ? De nombreux programmes d'investigation s'en occupent. D'abord en essayant de pénétrer au coeur du système lui-même pour chercher la faute, comme font Les infiltrés (magazine France, France2). Mais aussi en dressant, par le moyen de la fiction, un état des lieux socio-économique et en dénonçant les effets pervers de l'appareil : Wired (serie Royaume Uni ITV1) développe comme argument une fraude bancaire et nous dévoile l'envers du décor.


Super-nanny


Heureusement, la télévision n'est pas à court de remèdes. Voici toute une série d'émissions qui nous offrent les moyens de lutter contre la morosité ambiante, cette espèce d'automne interminable où nous avons parfois l'impression d'être plongés. Et la solution, vieille recette, c'est l'action. Comment refaire sa garde-robe sans dépenser un euro : Twiggy's Frock Exchange (TV réalité Royaume Uni, BBC2). C'est aussi le rire - désamorcer l'actualité en la parodiant : Chocolate News (comédie USA, Comedy Central) ou en imaginant des blagues de potache qui chatouillent les zygomatiques et font oublier tout le reste : (Beehive, comédie Royaume Uni E4).

En réalité, toutes les fonctions de cette TV omni-savante et qui au présent s'efforce de pousser les individus au-delà de leurs limites, se résument en une seule : maternelle. La TV nous berce nous aide à nous endormir, mais aussi nous ouvre les yeux sur le monde et guide nos conduites. C'est Super-Nanny. A ceci près que dans la cour de récréation voisine - et complémentaire - les garnements de l'internet sont quasiment libres de n'en faire qu'à leur tête.

« La télévision déclare Amandine Cassi, Directrice des Etudes Eurodata TV Wordwide, est un révélateur des angoisses de notre société ». Bien vu, Amandine.



Jean Mauduit

Plus d'infomations ?
Amandine Cassi - acassi@eurodatatv.com


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Lectrice Séries américaines ? Elles ont bon dos !

@vente, la violence serait réservée aux séries américaines ? Que nenni ! Les séries allemandes dont nous gave le service public, regorgent elles aussi de scènes épouvantable.

De plus, France 2 n'hésite pas à diffuser Nestor Burma le mercredi après-midi, jour des enfants ! En zappant par hasard, je suis tombée sur une scène de sado-masochisme du meilleur goût à 16h... - 11 2009 12:56

vente gavage

il faut arreter de passer des soi-disant surproduction (toute americaine) en France on nous fait passer pour des attardes, a voir les series, on ne peut etre surpris de la violence naissante, et dommage que les copies sont diffusees au heure de pointe enfant . - 28 2009 17:37

desbarats-bollet Bruno Vice-Président du conseil de surveillance de Médias et Régies Europe

Faut-il s'étonner de constater cela. trop de télévision peut tuer la télévision d'abord. banalisation des programmes ensuite. Diffusion constante des malheurs passés, présents et à venir aussi du monde. Misères humaines et tragiques traduites et répétées dans des fictions dont certains ne font plus la différence avec le réel. fragmentations, banalisations, dramatisations, gavages...La télévision se reprendra sous des concepts autres. Je l'avais évoqué en 1987 dans "les chances de l'écrit face à l'audiovisuel". Amitiés à Jean Mauduit. Bruno Desbarats - 28 2009 11:14